Les dégâts dans l'arrondissement La Baie ont été si importants que les scènes de désolation ont fait la manchette jusqu'en Amérique du Sud. Un journal du Pérou a même publié un article sur ces inondations de juillet 1996.































L'embouchure de la rivière Ha! Ha!

Photo : Jean Briand

De toutes les villes du Saguenay qui ont été touchées par les inondations de juillet 1996, celle de La Baie a été la plus affectée. Seulement pour rétablir l'ensemble des infrastructures publiques (routes, ponts, réseaux d'aqueducs et d'égouts), 50 millions de dollars ont été nécessaires. De plus, 30 autres millions de dollars ont été injectés pour stabiliser les berges et réaménager les lits des deux cours d'eau qui traversent la ville, soit les rivières Ha! Ha! et à-Mars.

Le débordement de la rivière Ha! Ha! a détruit une grande partie du secteur Grande-Baie. Une immense vague de boue a déferlé vers l'embouchure de la baie des Ha! Ha!, détruisant tout sur son passage.

Les stations de pompage ont été complètement détruites, ce qui a entraîné l'interruption de l'approvisionnement en eau potable dans plusieurs secteurs de cet arrondissement. Aussi, plus de 20 commerces ont été détruits, sans compter les 25 autres qui ont été considérablement endommagés. Plusieurs industries d'envergure comme la papeterie Abitibi-Consolidated, l'usine Alcan, la Laiterie de La Baie et les Scieries Saguenay ont été dans l'obligation d'interrompre leurs activités durant plusieurs jours, ce qui a amené des conséquences négatives sur l'économie locale et régionale.


Une fois le grand coup
d'eau passé, on pouvait
voir des biens matériels
échoués à l'embouchure
de la rivière Ha! Ha!.

En plein cœur du plus vieux quartier de l'arrondissement La Baie, une centaine de bâtiments résidentiels et commerciaux ont été détruits. Les dommages ont coûté plusieurs dizaines de millions de dollars.


En juillet 1996, la rivière Ha! Ha! a débordé au-delà de la zone d'inondation prévue dans le schéma d'aménagement de l'arrondissement La Baie. À certains endroits le long du cours d'eau, le nouveau lit était situé à 20 mètres de distance de part et d'autre de la rivière.

Dans l'arrondissement La Baie, plus de 600 personnes ont perdu tous leurs biens matériels. De plus, 2 000 citoyens ont vu leur résidence lourdement endommagée.



La crue des eaux a détruit et endommagé quatre ponts et englouti plusieurs kilomètres de route. La destruction de ces infrastructures routières s'est traduite par l'isolement complet de La Baie, puisque les trois secteurs du tissu urbain, soit Grande-Baie, Port-Alfred et Bagotville ont été complètement coupés les uns des autres. L'arrondissement La Baie a même été séparé du Saguenay—Lac-Saint-Jean et du Québec, puisque la force de l'eau a sectionné les liens routiers avec le Lac-Saint-Jean, le Haut-Saguenay et la région de Charlevoix.


Durant les inondations, les ponts de la route 170 et Georges-Abel ont été détruits. Le nouveau pont Claude-Richard, en construction lors des événements, ne pouvait être emprunté. Une fois la crue terminée, la construction de ce pont a été complétée en seulement quatre jours.



Certaines infrastructures de l'arrondissement La Baie ont été lourdement affectées. Le Musée du Fjord, par exemple, a fermé ses portes pendant plus de dix mois. Plusieurs aménagements du Centre plein air Bec-Scie ont dû être complètement refaits, tout comme la passe migratoire et les sites d'observation du saumon atlantique de la Rivière-à-Mars.

À un certain moment, le Musée du Fjord était entouré d'un mètre d'eau. Après l'événement, les dommages de ce bâtiment ont été estimés à 626 000 dollars. Suite aux inondations, le Musée du Fjord a réalisé un projet majeur d'immobilisation, si bien qu'à l'été 2004, le site réouvrira ses portes et deviendra, par le fait même, un lieu d'éveil et de vulgarisation scientifique incontournable au Saguenay—Lac-Saint-Jean.

Le camping Au Jardin de Mon Père, situé en bordure de la Rivière-à-Mars, a subi des dommages considérables. Au total, 54 sites de camping ont été engloutis et emportés par les eaux déchaînées. Aussi, 40 autres sites ont été abîmés, mais réaménagés, et 32 maisons mobiles ont été endommagées, puis relocalisées dans un quartier résidentiel de l'arrondissement La Baie. Seulement pour les travaux de réaménagement du site de camping, 650 000 dollars ont été investis.

Le réseau ferroviaire
Les crues dévastatrices de juillet 1996 ont lourdement endommagé le réseau ferroviaire Roberval-Saguenay, appartenant à Alcan, dont deux ponts ferroviaires qui ont disparu. En attendant la remise en service du réseau, un système de transport par camions lourds a été temporairement mis sur pied afin de maintenir les activités d'Alcan, ce qui a occasionné des coûts additionnels de 30 millions de dollars pour cette multinationale. En tout, 200 camions ont effectué ensemble près de 2 000 voyages par jour.

Sur les 30 kilomètres de voie ferrée qui relient les arrondissements La Baie et Jonquière, cinq ont représenté une perte totale. De plus, 9 wagons vides ont disparu dans les eaux.

Photo : Alcan

Seulement dans l'arrondissement La Baie, 33 exploitations agricoles ont subi des dommages importants. Dans toute la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, les dégâts aux immobilisations agricoles ont été évalués à 3 millions de dollars.

Deux exploitations agricoles ont perdu, en totalité ou en partie, leurs bâtiments agricoles (pertes évaluées à 500 000 dollars) et ont été dans l'obligation de vendre leurs vaches laitières. Un éleveur de cervidés a même perdu 300 bêtes qui ont pris la clef des champs, leurs enclos ayant été emportés par les eaux déchaînées.

CultivateursCertains cultivateurs, en plus de perdre leurs bâtiments, ont perdu plusieurs vaches laitières.


Photo : Jacques Desbiens