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L'Origo,
qu'est-ce que c'est?

Avec L'Origo, les origines et l'histoire des Québécois vous seront révélées à travers les branches de BALSAC. Ce fichier de population permet de reconstituer les généalogies canadiennes-françaises du Québec, des débuts du peuplement européen jusqu'à la période contemporaine.

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Découvrez quelques-uns des fruits de L'Origo.

Pour en savoir plus sur BALSAC,
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BALSAC

La construction du fichier BALSAC a débuté en 1972 à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), à l'initiative du professeur Gérard Bouchard. La première réalisation d'importance fut la reconstitution de la population du Saguenay-Lac St-Jean à partir des 660 000 actes de naissance, de mariage et de décès de l'état civil sur la période 1838-1971.

Le fichier BALSAC a progressivement été étendu à toutes les régions du Québec par l'intégration et le jumelage de l'ensemble des actes de mariage, depuis les débuts de la Nouvelle-France au 17e siècle jusqu'aux années récentes.

Le nom « BALSAC » provient d'ailleurs des lettres initiales des premières régions et sous-régions visées par l'opération. Aujourd'hui, le fichier contient un total de 3 millions d'actes se rattachant à près de 5 millions d'individus et couvrant près de 4 siècles d'histoire.

Le fichier BALSAC est possédé conjointement par l'UQAC, l'Université Laval, l'Université McGill et l'Université de Montréal. Le développement et l'exploitation du fichier sont assurés par l'UQAC sous la responsabilité, depuis 2010, d'Hélène Vézina, professeure au Département des sciences humaines et sociales.

L'héritage génétique d'une population

Entre 1608 et 1760, pendant le Régime français, environ 10 000 immigrants s'établissent dans la vallée du St-Laurent. Le déséquilibre entre le nombre d'hommes et de femmes constituant une entrave au développement de la colonie, on parraine la venue en Nouvelle-France de près de 800 « Filles du roi ». Parmi elles, on retrouve Louise Gargottin qui prend mari et s'enracine dans un pays neuf en donnant naissance à six enfants. Comme les deux tiers des immigrants arrivés avant 1700, elle a laissé des descendants jusqu'à aujourd'hui. Son bagage génétique s'est transmis d'une génération à l'autre et ainsi, une part de ses gènes est encore présente dans la population contemporaine.

À l'aide du fichier BALSAC, on a pu mesurer que 87% du patrimoine génétique porté par les Québécois d'ascendance canadienne-française provient des ancêtres venus de France. Même s'ils ont été moins nombreux, des immigrants de différentes origines ont aussi laissé des traces dans les généalogies québécoises.

On retrouve au moins un fondateur britannique dans 90% d'entre elles et au moins un fondateur acadien dans 60% des cas. Près d'un individu sur cinq compte au moins un fondateur irlandais et 14% d'entre elles en ont au moins un d'origine allemande. À la contribution de ces migrants s'ajoute celle des Autochtones qui occupaient déjà le territoire. En moyenne, on retrouve des ancêtres de 6,5 origines différentes dans une généalogie, ce qui témoigne d'un patrimoine génétique bien diversifié!

L'hérédité et les gènes nous racontent à leur façon une histoire du Québec faite de migrations, de rencontres et d'enracinement en Amérique. BALSAC constitue un instrument privilégié pour étudier l'impact du peuplement de la province sur le patrimoine génétique de ses habitants.


Sources :

Bherer Claude, Labuda Damian, Roy-Gagnon Marie-Hélène, Houde Louis, Tremblay Marc, Vézina Hélène (2011). Admixed Ancestry and Stratification of Quebec Regional Populations. American Journal of Physical Anthropology : volume 144, p. 432-441.

Tremblay, M. (2008). Distant Kinship and Founder Effects in the Quebec Population. Dans T. Bengtsson et G. P. Mineau (dir.), Kinship and Démographic Behavior in the Past (Series: International Studies in Population, Vol. 7, p. 259-278). Dordrecht, Pays-Bas : Springer Science + Business Media, B.V.

Vézina Hélène, Tremblay Marc, Desjardins Bertrand, Houde Louis (2005). Origines et contributions génétiques des fondatrices et fondateurs de la population québécoise. Cahiers québécois de démographie: volume 34 (automne), p.235-258.

Tisser des liens

Pierre Cyr et Mathilda Arsenault, originaires de Caplan, se sont mariés en 1912 dans leur Gaspésie natale. Leur union, qui apparaît d'abord comme le résultat d'un choix individuel, constitue aussi le reflet de la société dans laquelle évolue ce couple.

Bien que les registres ne donnent pas de détails romantiques sur leur première rencontre, BALSAC permet d'observer certaines caractéristiques des choix matrimoniaux. On peut par exemple établir si les mariés proviennent de la même région ou non, simplement en examinant leur lieu de résidence au moment du mariage.

Entre 1830 et 1930, à l'échelle du Québec, plus de 18% des conjoints étaient originaires de régions différentes. Or, cette valeur cache des disparités importantes entre les régions. Ainsi, aux Iles-de-la-Madeleine et en Gaspésie, seulement 6% des couples se composent de conjoints qui ne proviennent pas de la même région. À l'opposé, dans les zones plus récemment peuplées de l'Abitibi et du Témiscamingue, cette proportion s'élève à 40%.

Dans les grandes villes, l'arrivée de travailleurs et de leur famille provenant de l'extérieur favorise aussi la diversification du bassin matrimonial. À Québec et à Montréal, un marié sur quatre unit sa destinée à une personne originaire d'une région différente de la sienne.

Les caractéristiques des alliances conjugales nous éclairent sur les liens qui se tissent dans une communauté et cet indicateur, trouvé dans les registres d'état civil, contribue grandement à la richesse du fichier de population BALSAC.


Source :

Tiré du fichier de population BALSAC (2016): 1 608 586 individus impliqués dans 804 293 unions célébrées entre 1830 et 1930 sur le territoire québécois.

Destin de femmes

Le 7 février 1898, la jeune Élodie Lavoie épouse Adélard Gagné alors qu'elle est âgée de 18 ans. De cette fructueuse union naîtront 22 enfants, à raison d'une naissance tous les 15 mois pendant 25 ans. Au total, Élodie aura vécu l'équivalent de 17 années de grossesse ininterrompues, environ 2 ans de « relevailles » et une dizaine d'années d'allaitement. Elle sera même grand-mère cinq fois avant d'accoucher de son dernier!

Ce type de famille très nombreuse a bel et bien existé, mais ne constitue pas la norme. Avant 1930, moins de 5 % des femmes mettent au monde plus de 16 enfants. Ces dernières donnent tout de même naissance sept fois en moyenne.

Or, le destin démographique des femmes s'avère plus complexe que le modèle de l'heureuse mère d'une famille nombreuse. En effet, plusieurs d'entre elles tentent de contrôler ou d'espacer les naissances. D'autres embrassent un destin excluant la maternité : elles entrent en religion, prennent la relève d'une mère décédée trop tôt ou possèdent une santé fragile. Enfin, un couple sur vingt rêve de « partir en famille », en vain, puisqu'il fait face à la stérilité.

Tout comme le changement des mentalités et des conditions de vie, ces réalités évoluent au fil du temps. Dans les années 1960, les familles se composent en moyenne de 4 enfants et les femmes accouchent de leur premier vers l'âge de 24 ans. Le recours à la contraception leur permet de choisir à quel moment et à quel âge elles donneront naissance.

En mettant en lumière le destin de femmes, BALSAC permet de retracer la riche histoire des familles du Québec à travers le temps; des informations précieuses pour comprendre la dynamique de la population québécoise.

Famille Benjamin Simard - Collection du musée du Fjord


Sources :

Bouchard Gérard, Roy Raymond. Fécondité et alphabétisation au Saguenay et au Québec
( XIXe-XXe siècles). In: Annales de démographie historique, 1991, Grands-parents, aïeux, p. 173-201;

Gauvreau Danielle (1991). Destins de femmes, destins de mères: images et réalités historiques de la maternité au Québec. Recherches sociographiques: volume 32, numéro 3, p.321-346.

Vézina Hélène, Gauvreau Danielle, Gagnon Alain (2014). Socioeconomic fertility differentials in a late transition setting: A micro-level analysis of the Saguenay region in Quebec. Demographic Research: volume 30, p.1097-1128.

Super-ancêtres

Plusieurs Québécois se targuent de posséder parmi leurs ancêtres un dénommé Abraham Martin, dont les terres sur le Cap Diamant à Québec sont devenues les célèbres « Plaines d'Abraham ». Or, même s'ils peuvent en être fiers, ils sont loin d'être les seuls dans ce cas. Arrivés en Nouvelle-France vers 1620, le fondateur et sa femme, Marguerite Langlois, ont eu une descendance si importante qu'ils apparaissent dans la généalogie de 77% des Québécois d'ascendance canadienne-française!

Les champions en la matière sont Zacharie Cloutier et Sainte Dupont. Immigrants français débarqués à Québec en juin 1634 avec leurs cinq enfants, ils sont présents dans 82% des généalogies. Parmi les super-ancêtres, un couple a laissé une trace bien évidente : Pierre Tremblay et Anne Achon, présents dans 46% des généalogies. Ils sont rien de moins qu'à l'origine de tous les Tremblay de la province. Porté aujourd'hui par 1% des Québécois, ce nom de famille trône au premier rang des patronymes depuis la fin du 19e siècle.

Construire son arbre généalogique permet de découvrir son histoire familiale sur plusieurs générations. Remonter le fil de ses origines c'est inévitablement constater que les généalogies individuelles s'entrelacent les unes aux autres, ce qui explique pourquoi on retrouve des ancêtres communs (et souvent hors du commun!) dans plusieurs généalogies. En couvrant les mariages du Québec de 1621 à 1965 BALSAC dispose donc d'un potentiel formidable pour dresser un portrait d'ensemble de l'histoire et des gens qui ont façonné la société québécoise.


Sources :

Tiré du fichier de population BALSAC (2016) : généalogies de 25 757 individus dont les parents se sont mariés au Québec entre 1925 et 1948 pour un total de près de 600 000 ancêtres, répartis sur 16 générations.

Duchesne, Louis (2006) Les noms de famille au Québec : aspects statistiques et distribution spatiale, Institut de la statistique du Québec, 169 p.

Musée du Fjord

Exposition Des racines et des rêves - Collection Musée du Fjord

Pour en savoir plus sur BALSAC, visitez l'exposition Des racines et des rêves : un regard neuf sur le Saguenay–Lac-Saint-Jean, présentée au Musée du Fjord. Grâce à cet outil de recherche scientifique unique, l'exposition met en relation la société saguenéenne et les sciences et pose un regard neuf sur la région, loin des mythes et des préjugés.

Lauréat de nombreux prix d'excellences, le Musée du Fjord est un acteur social engagé, dynamique et proactif dans la promotion de la culture scientifique, dans la conservation de l'environnement et dans la compréhension de la biodiversité. Le Musée du Fjord s'intègre dans le réseau des institutions muséologiques vouées à la science et à la technologie du Québec. Il y joue un rôle significatif en tenant compte de sa spécificité régionale et s'inspire directement de l'environnement exceptionnel du fjord du Saguenay.


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