Quartier du Bassin - Arrondissement Chicoutimi
Photo : Jean-François Leblanc

Avant les inondations, le quartier du Bassin de l'arrondissement Chicoutimi comptait 37 habitations. Après l'événement, il n'en restait que 14 lourdement endommagées. L'église Sacré-Cœur, le presbytère et la célèbre Petite Maison Blanche font partie des bâtiments épargnés par la crue des eaux.




L'arrondissement ChicoutimiÀ Saguenay, l'arrondissement Chicoutimi et, tout particulièrement, le quartier du Bassin, a été gravement touché par les inondations de juillet 1996, en raison du débordement de la rivière Chicoutimi. L'activité économique du centre-ville a été ralentie et plusieurs résidents de ce secteur ont été évacués.

D'importantes infrastructures ont été détruites ou du moins lourdement endommagées. À titre d'exemple, les barrages Pont-Arnaud et Chute-Garneau ont été contournés par les eaux en furie de la rivière Chicoutimi, ce qui a ensuite provoqué la destruction complète des stations de pompage et de la prise d'eau municipale. Aussi, l'une des bretelles d'accès au pont Dubuc, qui relie la rive nord et la rive sud de la rivière Saguenay, a été sectionnée.

Au total, 16 entreprises ont subi des dommages qui ont nécessité leur fermeture durant plus de 14 jours alors que 49 autres ont été touchées moins sévèrement. La crue diluvienne a également endommagé plusieurs équipements et bâtiments culturels, touristiques et récréatifs ainsi que certains sites patrimoniaux.



Photo : Jean Briand
Dans l'arrondissement Chicoutimi, 56 bâtiments ont été complètement détruits. Au total, 4 000 personnes de ce secteur ont été évacuées pour des périodes allant de quelques heures à plus de deux semaines.



La rivière Chicoutimi a été considérablement modifiée sous la force des eaux. À Chute-Garneau, elle a creusé une tranchée de 18 mètres de profondeur. À Pont-Arnaud, la tranchée avait une profondeur de 12 mètres.

Afin de limiter l'augmentation du niveau d'eau dans le lac/réservoir Kénogami, les vannes du barrage Portage-des-Roches ont été ouvertes. Par contre, cette évacuation d'eau a fait augmenter considérablement le débit de la rivière Chicoutimi. En effet, celui-ci est passé de 100 mètres cubes par seconde avant la crue à 1 200 mètres cubes par seconde au plus fort du déluge.

Avec l'ouverture des vannes du barrage Portage-des-Roches, tous les barrages situés en aval, sur la rivière Chicoutimi, ont été submergés. Entre autres, vers midi le 20 juillet 1996, le barrage Chute-Garneau a atteint le niveau critique de déversement et moins d'une heure plus tard, le barrage Pont-Arnaud subissait le même sort. En fin d'après-midi le 21 juillet 1996, la structure en béton de ces ouvrages était encore intacte, mais toute l'eau s'était frayé un chemin dans l'argile.

L'effet «entennoir »

Les barrages Chute-Garneau et Pont-Arnaud ont une capacité d'évacuation d'eau inférieure au barrage Portage-des-Roches. Lorsque ce dernier a évacué son eau, un effet d'entonnoir s'est créé.



Par mesure de sécurité, un périmètre de sécurité a été délimité dans le centre-ville de l'arrondissement Chicoutimi ainsi que dans le quartier du Bassin. Près de 600 personnes provenant de plus de 250 bâtiments commerciaux et résidentiels ont quitté les lieux. Cette évacuation a duré trois jours.

Quartier du Bassin
Quartier du Bassin - Arrondissement Chicoutimi
Photo : Alcan

Quelques semaines après les inondations, des curieux provenant des quatre coins de la province sont venus observer les scènes de désolation et constater l'ampleur des dégâts.

Situé en bordure de la rivière Chicoutimi, le musée et site historique de la Pulperie a été durement touché par la crue de ce cours d'eau. Des murs de pierres restaurés, des aménagements paysagers et des infrastructures d'interprétation et de services ont été considérablement endommagés. Le site de la Pulperie a dû fermer ses portes durant plusieurs jours.


Qui n'a pas vu la Petite Maison Blanche résister aux flots en furie de la rivière Chicoutimi? Cette résidence est rapidement devenue un symbole de résistance, de courage et de détermination pour la population du Saguenay. Pendant que la plupart des résidences du quartier du Bassin étaient emportées par le courant, la Petite Maison Blanche résistait à cette nature déchaînée.

La Petite Maison Blanche
Photo : Jean-François Leblanc

Comment se fait-il qu'une si petite maison centenaire ait résisté à la force des eaux alors que certaines de ses voisines ont été emportées? D'abord, il faut savoir qu'au début du siècle, lors du rehaussement du lac/réservoir Kénogami, les propriétaires avaient pris soin d'élever la maison sur de hautes fondations en béton. Avaient-ils prévu qu'un jour le lac Kénogami, transformé en réservoir, allait déborder? De plus, la maison étant bâtie sur le roc, c'est la saillie rocheuse derrière la maison qui aurait dévié le courant, protégeant ainsi les fondations.

La Petite Maison Blanche de la rue Gédéon restera longtemps gravée dans notre mémoire collective.


Le plus grand paradoxe des inondations du Saguenay a été... le manque d'eau! Dans l'arrondissement Chicoutimi, par exemple, la prise d'eau qui alimente l'usine de filtration a été complètement arrachée par la force du courant de la rivière Chicoutimi. La réserve d'eau était de 36 millions de litres, c'est-à-dire qu'après 6 à 8 heures le réseau d'aqueducs aurait été complètement à sec. Aussi, au plus fort des inondations, plus de 6 300 personnes ont été privées d'électricité, dont 1 600 au centre-ville, en plus des 4 900 circuits téléphoniques coupés.

Pour être en mesure d'alimenter l'arrondissement Chicoutimi en eau potable, les autorités municipales ont fait appel à des pompes qui étaient plongées à même la rivière Chicoutimi à l'aide d'une excavatrice. Vingt-quatre heures plus tard, malgré une eau brute très turbide, les réserves d'eau potable étaient revenues à la normale.



L'usine de filtration de
l'arrondissement Chicoutimi
Photo : Services techniques, arrondissement Chicoutimi