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Se reconstruire

Le déluge de 1996 a laissé des traces. Sans l’aide précieuse des gouvernements et de la Croix-Rouge, la situation aurait été bien pire. Les gens ont dû se reconstruire sur les plans matériel et humain. Sur le terrain, il a fallu rebâtir ce qui avait été emporté par les eaux. Routes, ponts, ponceaux et quartiers entiers ont été réparés ou réaménagés tout en s’assurant de les épargner en cas de crues futures. Les maisons endommagées ont été reconstruites, parfois relocalisées, et les berges ont été stabilisées pour protéger les zones habitées et restaurer les écosystèmes altérés.

Pour les gens touchés par la tragédie, la reconstruction a demandé tout autant de courage. Les citoyens ont retrouvé leurs repères grâce à la solidarité, au soutien communautaire et à l’accompagnement psychologique. Ensemble, et avec l’aide précieuse de la Croix-Rouge, ils ont rebâti leurs infrastructures, mais aussi leur confiance, leur sécurité et leur tissu social. Cependant, malgré les décennies qui ont passé, cette catastrophe a marqué à jamais de nombreuses personnes. 


Des coûts financiers considérables

En plus des traumatismes psychologiques qu’elles ont causés, les inondations de 1996 ont représenté des coûts financiers considérables. Les pertes matérielles totales ont été estimées à environ 1,5 milliard de dollars. En plus des bâtiments, les infrastructures ont été particulièrement touchées : routes, voies ferrées et ponts ont été emportés. De nombreux chantiers ont été lancés pour tout remettre en état. Cette reconstruction massive a mobilisé travailleurs, entreprises et municipalités pour rebâtir une région profondément marquée.

Au cours des 13 années qui ont suivi le déluge, près de 30 millions de dollars ont été redistribués par la Croix-Rouge pour, entre autres, aider les sinistrés à réintégrer ou à reconstruire leur maison, soutenir des projets d’infrastructures dans la communauté et encourager la résilience de la population face aux catastrophes.

Depuis la fermeture du fonds, le solde est redistribué lors de sinistres de grande envergure au Québec. En juillet 2016, le solde du fonds se chiffrait à 559 288 $, un montant disponible en cas d’autres sinistres majeurs.

57 municipalités ont été touchées, dont 27 avec des dommages dépassant 100 000 $ chacune.


À Chicoutimi, plus de 100 chantiers ont été ouverts entre août et novembre 1996, ce qui représente 60 millions de dollars de travaux.

À La Baie, les travaux de reconstruction ont été impressionnants, s’échelonnant sur une période d’environ trois ans. Plus de 600 personnes ont tout perdu…  Plus de 2000 citoyens ont vu leur résidence lourdement endommagée. 238 maisons disparues, 850 logements détruits, 20 commerces engloutis et 25 autres endommagés, dont 4 entreprises majeures.                                                              
Source : ville.saguenay.ca






Le chemin de fer Roberval–Saguenay a nécessité 20 millions de dollars pour sa reconstruction complétée en 4 mois.

 





LA BAIE

1996      -      2026



Des séquelles psychologiques encore bien présentes

Le déluge de 1996 n’a pas seulement remodelé les rivières : il a laissé des cicatrices humaines profondes et durables. Les recherches scientifiques, les témoignages et les commémorations montrent que les impacts sociaux se font et se feront toujours sentir dans la mémoire individuelle et collective, la santé mentale, la mobilité résidentielle, la cohésion sociale et la culture régionale.

Certaines personnes ont dû parcourir un long chemin de reconstruction pour trouver un sens à la perte d’un être cher. Pour d’autres, le déluge a été la première journée d’une deuxième vie, celle qui renaît après le coup dur. Ils ont perdu leur maison, leurs souvenirs, leur entreprise, le travail et leurs économies. Ils sont repartis de zéro.



« Quiconque n’a pas traversé, sur place, cette épreuve d’une ampleur inimaginable jusque-là ne peut véritablement mesurer l’impact qu’elle aura eu sur le sinistré, sur l’individu. »

Source : Roger Nicolet, préface de Une région dans la turbulence, Presses de l’Université du Québec, 1998.


Il n’avait que cinq ans lorsque son frère et sa sœur sont décédés, ensevelis sous une coulée de boue le matin du 20 juillet 1996, à La Baie. Presque trente ans plus tard, Jason Paquet-Garceau, a écrit un livre sur ce drame qui a marqué sa famille à jamais. 

Témoignages

Mélanie Bonneau

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Sandra Tremblay

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Michel Ricard

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Janick Gagné

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Audrey

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Martine Desgagné

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Ce qui reste du déluge

Production de La boîte de pickup, 2016

(11:09 minutes)

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