La Rivière-aux-Sables est le principal cours d'eau qui circule dans l'arrondissement Jonquière. Lors des inondations, son débit, qui est généralement d'environ 55 mètres cubes par seconde, est passé à plus de 660 mètres cubes par seconde. Les berges du cours d'eau se sont considérablement élargies et son lit s'est creusé d'une quinzaine de mètres de profondeur.













































Les inondations ont
frappé les grandes
entreprises du
Saguenay. Les
dommages aux
infrastructures et les
pertes de revenus
s'élevaient à environ
200 millions de dollars.
À elle seule, l'usine
Alcan de
l'arrondissement
Jonquière a subi quelque
75 millions de
dommages.

À l'usine
Cascades,
spécialisée dans la fabrication de
carton, les dommages causés à
la prise d'eau et au système de
traitement secondaire des eaux
usées ont coûté environ 10
millions de dollars, sans compter
les pertes des ventes et les
salaires non versés. L'usine a
fermé ses portes pendant 10
jours.

La prise d'eau et les installations hydro-électriques de l'usine Abitibi-Consolidated ont été complètement arrachées. Les dommages ont nécessité des coûts de reconstruction d'environ 30 millions de dollars.

La force du courant du ruisseau Jean- Deschênes a complètement lessivé le sol de la rue Deschênes, ce qui a déterré une partie de la conduite de gaz naturel.




Dans l'arrondissement Jonquière, plusieurs secteurs ont été touchés, particulièrement ceux où l'on retrouvait des infrastructures industrielles. Plusieurs installations ont vu leurs opérations ralenties, voire interrompues pendant des périodes allant de quelques jours à près d'un mois. Par exemple, l'usine Vaudreuil du complexe industriel Alcan a interrompu sa production pendant 15 jours en raison d'un problème d'alimentation en eau causé par la destruction de la station de pompage.

Dans l'arrondissement Jonquière, les principaux points chauds au moment des inondations concernaient certaines digues situées sur le lac/réservoir Kénogami.


147 logements ont été détruits et plus d'une centaine d'autres ont été sérieusement endommagés.
147 logements ont été détruitsPhoto : Services techniques, arrondissement Jonquière


Les pluies les plus abondantes sont tombées dans la réserve faunique des Laurentides, principalement au sud du lac/réservoir Kénogami. Les précipitations ont dépassé les 200 millimètres en 72 heures. Tombées en moins de trois jours, ces pluies diluviennes ont dépassé les moyennes de précipitations généralement observées durant tout le mois de juillet. En effet, les normales de juillet, pour ce secteur, sont de 125 millimètres.

C'est au-dessus du bassin versant du lac-réservoir Kénogami que les précipitations ont été les plus importantes, soit 279 millimètres.

Le lac/réservoir Kénogami draine un bassin 60 fois plus étendu que lui. En d'autres mots, s'il tombe un centimètre d'eau sur ce secteur, on retrouve presque 60 centimètres d'eau supplémentaires dans le lac/réservoir. Imaginez qu'en moins de trois jours, il est tombé dans ce bassin versant 580 millions de mètres cubes de pluie qui se sont ajoutés aux 384 millions de mètres cubes déjà stockés. C'est donc 1 360 mètres cubes de pluie par seconde qui s'engouffraient dans le lac/réservoir Kénogami. Même s'il avait été vide et même si tous les barrages et digues qui le forment avaient été plus hauts de neuf mètres, il n'aurait pu emmagasiner toute cette eau.


Dans le lac/réservoir Kénogami, le problème était causé par des arrivées d'eau plus importantes que la capacité d'évacuation des rivières.




Le lac/réservoir Kénogami menaçait de passer par une digue située près du barrage Pibrac, la digue Creek Outlet #1, via le ruisseau (asséché) Jean-Deschênes. L'eau a rongé le remblai de la digue, mais son noyau en béton est heureusement demeuré intact. C'est ce muret qui a sauvé le secteur Arvida de la catastrophe. En effet, le torrent qui s'y dirigeait menaçait d'envahir les usines d'Alcan. Le contact de l'eau avec l'aluminium en fusion aurait provoqué une grave explosion.




Dans l'arrondissement Jonquière, plusieurs dégâts ont été causés par le débordement de la Rivière-aux-Sables, lui-même causé par le surplus d'eau du lac/réservoir Kénogami. Deux ouvrages de retenue construits sur ce lac/réservoir contrôlent le débit de la Rivière-aux-Sables, soit les barrages Pibrac-Est et Pibrac-Ouest. Sur la Rivière-aux-Sables, dans sa partie aval, ce sont les barrages portant les noms de Jonquière, Ville de Jonquière et Bésy qui contrôlent son débit.

Sur une période de cinq jours, jusqu'à 660 mètres cubes d'eau par seconde ont été évacués des barrages Pibrac-Est et Pibrac-Ouest.



Dans l'arrondissement Jonquière, le réseau de distribution d'eau a complètement rompu, privant 40 % de la ville en alimentation d'eau potable. La prise d'eau, située en bordure de la rivière Chicoutimi, s'est retrouvée dans le cours d'eau en raison de l'érosion des berges causée par le courant. Douze heures plus tard, une nouvelle prise d'eau temporaire était installée avec les moyens du bord.

Heureusement pour certains résidents, une petite conduite d'eau de 20 centimètres a résisté aux inondations. Grâce à elle, un secteur complet a pu être alimenté rapidement en eau potable.

La prise d'eau de l'arrondissement Jonquière après les inondationsPhoto : Hydro-Québec




L'arrondissement Jonquière possède sa mini-centrale hydro-électrique sur la Rivière-aux-Sables en aval du barrage Jonquière. La crue des eaux de juillet 1996 l'a sérieusement endommagé, amenant d'importantes quantités de débris, de sable et de roches à l'intérieur du bâtiment. Tous les équipements électriques ont été remplacés et la turbine a subi des bris majeurs.

Afin d'évacuer le plus d'eau possible par le barrage Jonquière, cinq vannes ont été complètement ouvertes et trois autres l'ont été à 90 %. Toutefois, le passage de l'eau était rendu difficile en raison de l'accumulation de débris devant le barrage. Même si cet ouvrage de retenue a une capacité d'évacuation de 1 000 mètres cubes par seconde, l'eau réussissait à le contourner. D'une part, l'eau se frayait un chemin en contournant la rive gauche du barrage. D'autre part, une brèche d'environ 20 mètres de largeur s'était ouverte dans l'aile droite en béton. Au plus fort des inondations, près de 3 000 personnes ont été privées d'électricité dans l'arrondissement Jonquière.

Au matin du 21 juillet 1996, le poste de distribution de la mini-centrale n'était que désolation.


Mini-centrale hydro-électriqueLa remise en opération de la mini-centrale hydro-électrique de l'arrondissement Jonquière a nécessité un investissement de près de 4 millions de dollars. Aujourd'hui, avec sa puissance de 4 mégawatts, elle continue de fournir en électricité plusieurs centaines de foyers de cet arrondissement.


Photo : Steeve Tremblay
Des poteaux renversés par la force du courant.Au plus fort des inondations, 2 800 personnes ont été privées d'électricité. Afin de permettre au plus grand nombre de résidents de retrouver ce service rapidement, une nouvelle ligne de distribution d'électricité a été érigée.




Photo : Gil Photo